Père et impairs

On 28 juin 2012

Avant de réaliser Starbuck, Ken Scott s’est fait remarquer en écrivant le scénario d’un autre succès du cinéma québécois : La Grande Séduction. Depuis, il est devenu la coqueluche d’Hollywood et a dû renoncer à réaliser le remake anglophone de ce film pour céder à l’invitation de Steven Spielberg et partir tourner celui de Starbuck aux États-Unis, la France et même Bollywood préparant le leur. Derrière ce nom énigmatique se cache non pas une chaîne de cafés branchés, mais un boucher quadragénaire rattrapé par son passé de jouisseur. C’est le cas de le dire, car, il y a vingt ans, il a donné son sperme sans compter, ou plutôt en comptant les dollars qu’il lui rapportait. Résultat, il se découvre géniteur d’une véritable meute de jeunes adultes qui demandent à la justice de lever son anonymat pour le rencontrer… C’est le moment que choisit sa petite amie pour lui annoncer qu’elle est… enceinte.

Starbuck est une comédie éblouissante. Son scénario est un modèle du genre dont tous les éléments convergent vers un thème unique : la paternité. Où qu’il se tourne, tout le renvoie à sa condition. Pour tenir ce rôle, Ken Scott a fait appel à Patrick Huard qui campe ce personnage immature, en donnant l’impression de porter le poids du monde, mais toujours avec une humanité bouleversante. Assailli de toutes parts, il arbore la figure triste de Droopy, ce chien dessiné par Tex Avery qui arborait un air de cocker triste pour crier son bonheur. Jamais prévisible mais toujours jubilatoire, Starbuck fait déjà figure de film de l’été par son imagination et sa fantaisie. Courez-y, vous y retournerez !

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