Bob le flambard

On 12 juin 2012

Le propos de Kevin McDonald dans Marley est tout simple. L’auteur du Dernier roi d’Ecosse y célèbre le culte du roi du reggae en adoptant la posture du biographe officiel, beaucoup avant lui s’étant cassé les dents sur ce projet, face aux exigences parfois contradictoires d’une tribu aussi vaste que désunie. La réussite de ce Biopic documentaire réside dans sa simplicité et son parti pris. Le film assume son caractère hagiographique et présente le chanteur comme un messager de paix et d’harmonie qui a contribué à renouer le dialogue entre les forces antagonistes d’une Jamaïque au bord du chaos.

Marley prend l’icône à bras le corps et dessine les contours de l’histoire du reggae, en soulignant le rôle joué par la postérité dans l’établissement d’une légende. Certes, ce métis né d’un colonel blanc et d’une maman noire est paré de toutes les qualités, sa maladie ayant transformé sa vie en destin, mais malgré ses complaisances dérisoires, le film esquisse le portrait d’un citoyen conscient de ses responsabilités. Car s’il n’a pas vraiment eu le temps de conquérir le monde de son vivant, Bob Marley est devenu depuis une légende : celle décrite dans ce film formidable dont la durée est pour une fois totalement justifiée. 2 heures 24 pour raconter 36 ans d’une vie bien remplie, c’est même parfois trop juste.

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