Bath Man

On 26 juillet 2012

Batman terrassera-t-il son collègue Spider Man au box-office de l’été ? Alors que les jeux semblent faits, en dépit d’un fait divers sordide qui a quelque peu brouillé les cartes, la question mérite d’autant plus d’être posée que The Dark Knight Rises clôt une trilogie qui a montré la face sombre du super-héros. Malgré ce qui aurait pu passer pour un handicap, le concept a déjà conquis les faveurs du public à deux reprises. Il faut dire que l’écriture et la réalisation en sont signées par l’un des meilleurs cinéastes de sa génération, le Britannique Christopher Nolan, lequel a tourné entre-temps un autre film incroyablement ambitieux : Inception. Or, à Hollywood, il est rarissime que le même homme soit à la fois scénariste et metteur en scène. Quand il l’est, c’est un signe qui ne trompe pas : on a affaire à un auteur reconnu en tant que tel.

The Dark Knight Rises s’impose en quelque sorte comme le Prequel des Batman réalisés naguère par Tim Burton et Joel Schumacher. Ceux-ci étaient certes spectaculaires, mais ils respectaient scrupuleusement l’orthodoxie de ce type de productions. Christopher Nolan a quant à lui l’audace de faire confiance au public et de noircir le tableau, en orchestrant en virtuose l’affrontement du Bien et du Mal dans une Gotham City qui n’essaie pas de ressembler à autre chose qu’à New York. Chez lui, la plupart des personnages possèdent deux visages et doivent tôt ou tard se résoudre à tomber le masque… à l’exception de Batman dont tout le monde connaît les vertus.

En filigrane de ce film spectaculaire, qui réussit tout de même à nous tenir en haleine pendant deux heures quarante-cinq, affleure une métaphore des attentats du 11 septembre et du matérialisme, celui-ci étant clairement désigné comme l’unique clé de voûte de notre civilisation gangrenée par la crise financière et le terrorisme. Autre particularité de cette aventure : elle s’offre deux personnages féminins qui ne sont pas là que pour décorer. Aux côtés, ou plutôt en face d’une Marion Cotillard impeccable, il convient de saluer le choix d’Anne Hathaway, comédienne jusqu’ici préposée à des emplois très lisses, qui rompt enfin avec cette image. Nolan se permet au passage de la faire croquer dans une pomme qui symbolise à la fois Eve, Blanche-Neige et… Big Apple. De la qualité de l’interprétation à la perfection des effets spéciaux, en passant par la musique de Hans Zimmer, la dernière aventure du chevalier noir est un bonheur de tous les instants. Et elle n’a pas besoin de l’artifice de la 3D pour nous séduire.

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